Portugal - France 1-0

Très bonne entrée en matière de l'équipe française. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
Les Bleus ont rapidement trouvé "la formule anti-Ronaldo" dont parlait Deschamps la veille. Mais même en dehors du terrain, le capitão se montrera décisif. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
C'est Ricardo Quaresma qui remplacera Ronaldo. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
A la 79e minute, Fernando Santos lance Éder à la place de Renato Santos. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
Les larmes de Ronaldo se sont transformées en hargne. Sur le bord du terrain, il encourage ses coéquipiers. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
A la 109e minute, Éder entre dans l'histoire de la Seleção. Photo Miguel A. Lopes/Lusa.
Le quatrième but d’Éder avec la Seleção a donné ce soir [10/07/2016] au Portugal son premier titre européen dans un match marqué par la sortie prématurée de Ronaldo sur blessure.

Éderzito António Macedo Lopes, alias Éder, est entré dans l’histoire de la sélection portugaise quand, à la 109e minute, après avoir échappé à ses défenseurs, il bat Lloris d’un beau tir en dehors de la surface, qui permet au Portugal de se sacrer champion d’Europe.

L’attaquant de Lille, dont la présence parmi les 23 de Fernando Santos a souvent été mise en cause, a été le héros improbable du Portugal au Stade de France, mais il n’a pas été le seul.

Durant la période de temps réglementaire, où la France s’est montrée clairement supérieure, Rui Patrício a été un géant dans ses cages, effectuant d’excellentes parades ; et Pepe, impérial au centre de la défense, a parfaitement mérité le titre de meilleur joueur de la finale.

Après le match contre l’Islande (1-1), Fernando Santos avait déclaré qu’il rentrerait à la maison seulement le 11 juillet et dans une ambiance de fête. Promesse tenue.

Le Portugal a mis fin à une série de dix défaites contre la France, qui aujourd’hui a perdu son statut de bête noire du football portugais, après avoir éliminé la Seleção en demi-finale à trois reprises.

Les hommes de Fernando Santos se sont sacrés champions d’Europe dans un match où très tôt ils ont perdu Cristiano Ronaldo victime d’un coup très dur de Payet, montrant que les Français – contrairement à ce que disait leur entraîneur la veille – avaient parfaitement trouvé la « formule anti-Ronaldo ». L’arbitre n’a pas bronché. Le capitão a tenté de rester sur le terrain, mais a fini par sortir en larmes à la 25e minute. Il sera remplacé par Quaresma.

Le Portugal, qui retrouvait William Carvalho et Pepe dans son onze initial, est très mal entré dans cette finale, nerveux sur une scène si grande, ratant beaucoup de passes en milieu de terrain, ce que la France a exploité pour prendre l’ascendant.

A un moment où Ronaldo montrait qu’il ne pourrait pas continuer longtemps, Rui Patrício a commencé son festival de parades, niant l’ouverture du score à Griezmann et à Giroud.

Si la mission était difficile pour le Portugal, elle a semblé devenir impossible lorsque Ronaldo est sorti définitivement. Pourtant, plutôt que de lui nuire, ce coup du sort va souder le collectif portugais et les joueurs français ne sauront pas en tirer profit. Seul Sissoko se lançait dans des courses difficiles à contrer et l’une d’elles est arrivée jusqu’au gardien portugais qui s’est imposé une nouvelle fois.

Durant la mi-temps, Fernando Santos a effectué quelques corrections et la sélection nationale est revenue mieux organisée, avec des lignes resserrées, mais le pouvoir offensif n'était toujours pas au rendez-vous.

Rui Patrício a été appelé à intervenir à nouveau, à la 58e minute, puis peu après a vu Griezmann rater une excellente occasion : le meilleur buteur de la compétition a surgi dans la surface seul face au gardien portugais, mais a tiré au-dessus.

Les Bleus ont commencé à se montrer davantage dangereux et à la 66e minute, Fernando Santos a fait entrer Moutinho à la place d’Adrien, qui avait éprouvé beaucoup de difficultés dans la bataille du milieu de terrain face à Pogba et Matuidi.

Après une nouvelle parade du gardien du Sporting, ce fut au tour d’Éder (79e) d’entrer en jeu, à la place de Renato, élu meilleur espoir du tournoi, que l’enjeu de la finale a sans doute fait perdre de son irrévérence.

L’entrée du Lillois a amélioré le jeu offensif portugais car en importunant les deux centraux français, il va permettre à Nani et Quaresma de bénéficier de davantage d’espace. Et effectivement, dans la minute suivante le Cigano se créait une occasion face à Lloris.

Ca sentait la prolongation, mais avant cela Roi Patrício a de nouveau eu à s’imposer à Sissoko et a vu un tir de Gignac venir frapper son poteau droit.

Durant la prolongation, les Portugais vont reprendre du poil de la bête et contrôler le milieu de terrain, tandis que Éder continuait son travail de sape. Ce n’est que naturellement que la Seleção va obtenir un coup franc bien placé et que Guerreiro frappera la barre de Lloris. Pour la première fois le public français s’est dit que les Bleus pouvaient perdre ce match.

C'est ce qui arrivera à la 109e minute : Éder reçoit un bon ballon entre Koscielny et Umtiti, leur échappe et bat Lloris d’un tir soudain, à ras de terre. Douche froide au Stade de France. Le Portugal était à 10 minutes de son premier titre et fera face avec plus ou moins de difficultés aux tentatives désespérées des Français de revenir au score.

LA FICHE DU MATCH

Buteur

1-0 Éder (109e)

Composition des équipes

Portugal : Rui Patrício, Cédric, Pepe, José Fonte, Raphaël Guerreiro, William Carvalho, Adrien (João Moutinho, 66e), Renato Sanches (Éder, 79e), João Mário, Nani et Cristiano Ronaldo (Ricardo Quaresma, 25e).
Remplaçants : Anthony Lopes, Eduardo, Vieirinha, Bruno Alves, Ricardo Carvalho, Eliseu, Danilo Pereira, João Moutinho, André Gomes, Ricardo Quaresma, Rafa et Éder.
Sélectionneur : Fernando Santos.

France : Hugo Lloris, Bacary Sagna, Laurent Koscielny, Samuel Umtiti, Patrice Evra, Blaise Matuidi, Paul Pogba, Moussa Sissoko (Anthony Martial, 110e), Dimitri Payet (Kingsley Coman, 58e), Antoine Griezmann et Olivier Giroud (André-Pierre Gignac, 78e).
Remplaçants : Steve Mandanda, Benoît Costil, Christophe Jallet, Adil Rami, Eliaquim Mangala, Lucas Digne, N’Golo Kante, Morgan Schneiderlin, Yohan Cabaye, Kingsley Coman, Anthony Martial et André-Pierre Gignac.
Sélectionneur : Didier Deschamps.

Arbitre : Mark Clattenburg (Angleterre).
Discipline : carton jaune pour Cédric (34e), João Mário (62e), Samuel Umtiti (80e), Raphaël Guerreiro (95e), Blaise Matuidi (97e), William Carvalho (98e), Laurent Koscielny (107e), Paul Pogba (115e), José Fonte (119e) et Rui Patrício (120e+3).
Près de 75 868 spectateurs.